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jeudi 2 août 2012

Le PQ : un sommet sur l'éducation dans les 100 premiers jours


Par Sophie-Hélène Lebeuf, www.radio-canada.ca, Mis à jour le: 2 août 2012 02:15


Si le chef libéral, Jean Charest, a d'emblée inscrit le conflit étudiant au coeur de la campagne, son adversaire péquiste, Pauline Marois, a fait des enjeux de cette crise un premier engagement électoral.
Accompagnée de ses candidats lavallois, la chef du Parti québécois a choisi la circonscription de Laval-des-Rapides, où se présente son candidat vedette Léo Bureau-Blouin, pour annoncer ses promesses en éducation, qu'elle s'engage à mettre en oeuvre dans les 100 premiers jours de mandat d'un gouvernement péquiste.
Abrogation de la loi 78, qui encadre notamment les manifestations, annulation de la hausse des droits de scolarité de 82 % sur sept ans prévue par les libéraux, et organisation d'un sommet sur l'éducation supérieure, où seraient notamment abordés le financement et la gestion des universités, font partie du plan péquiste.
Cette élection offre aux Québécois un choix tranché, a estimé Mme Marois : d'un côté, les libéraux et les caquistes qui veulent « endetter la jeunesse » et faire perdurer la crise. De l'autre, le PQ qui a un plan pour y mettre un terme




Présentant en exemple « le fiasco de l'Îlot Voyageur », la délocalisation de campus universitaires, qui a coûté 56 millions de dollars, et des « parachutes dorés des dirigeants » totalisant 1 million de dollars, Pauline Marois a présenté la tenue du sommet qu'elle propose comme « une priorité ». Citant une étude (dont elle n'a pas précisé la source), elle a affirmé que le gouvernement, les étudiants et le privé investissaient collectivement 29 242 $ par étudiant, comparativement à 26 383 $ Ontario et 28 735 $ pour le reste du Canada.

« Il y a manifestement un ménage à faire et il faut donc parler de la gestion avant de parler de sous-financement ou de hausse des frais de scolarité », a-t-elle dit, reprenant ainsi un thème martelé au cours des derniers mois par sa formation, mais aussi par les associations étudiantes.

Léo Bureau-Blouin a indiqué que le logement étudiant, l'aide financière aux études et le remboursement de la dette étudiante feraient aussi partie des enjeux abordés au cours du sommet. Il ne faut pas qu'un sommet « se limite à la simple question des droits de scolarité », a-t-il déclaré.

Les étudiants auront leur mot à dire au cours du sommet, a-t-il assuré, précisant que le tiers des sièges leur serait réservé à ce sommet. Le gouvernement et la société civile formeraient un autre tiers chacun.

Gel contre indexation des droits

Si ce sommet menait à la conclusion qu'il faut hausser les droits à hauteur du coût de la vie, le PQ s'engage à le faire, a assuré Mme Marois.

En faveur du gel des droits de scolarité, l'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) s'est défendu d'être en contradiction avec la formation qu'il vient de rejoindre.

Voyant dans le gel une « politique publique gagnante pour garantir l'accessibilité aux études », il a estimé qu'un sommet permettrait de « dégager un consensus au sein de la société québécoise et sortir du débat de gel-dégel ».

Il s'est dit convaincu que les mesures proposées par le PQ permettraient un retour à la paix sociale et le développement d'un des réseaux universitaires « les plus compétitifs et les plus abordables de la planète ».

Si la FECQ, comme les autres associations étudiantes, s'est retirée d'un précédent sommet sur le financement des universités, tenu en décembre 2010, la situation serait différente avec un gouvernement péquiste, croit l'ancien leader étudiant. Contrairement au Parti libéral, qui a voulu « diviser la société québécoise pour marquer des points », son parti est « à l'écoute » et a une « volonté réelle de régler cette crise pour rassembler les gens », a-t-il affirmé.

Acteur très médiatisé pendant le conflit étudiant, M. Bureau-Blouin a dû répondre à plusieurs questions des journalistes, notamment sur les commentaires formulés à son endroit par le chef libéral, qui l'a défini comme l'un des « instigateurs » de la crise étudiante. Il s'est dit « surpris de la rapidité et la véhémence des attaques de Jean Charest » et a promis de mener une campagne d'idées. C'est aussi pour que cesse cette façon de faire de la politique qu'il a décidé de sauter dans l'arène, a-t-il dit.

Présentant sa jeune recrue comme un homme « courageux » et « serein » et l'opposant à un Jean Charest « fermé au dialogue », Pauline Marois a accusé ce dernier d'instrumentaliser toute la crise étudiante et de mener une campagne négative pour détourner l'attention des scandales de corruption. « Si Jean Charest a été aussi dur avec les jeunes, c'est pour faire oublier à quel point il a été mou devant la corruption. »

Laval-des-Rapides, une circonscription à surveiller


Le conflit étudiant aura assurément des échos dans cette circonscription, où s'affronteront le député libéral sortant Alain Paquet, qui a participé aux négociations avec les leaders des associations étudiantes, et Léo Bureau-Blouin. En plein coeur du conflit, ce dernier était la personnalité qui avait la meilleure cote auprès de l'opinion publique, toutes parties confondues.

La Coalition avenir Québec présente dans la circonscription une candidate de premier plan : l'ex-présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Maud Cohen.

Aux dernières élections, le candidat libéral avait coiffé son rival péquiste par 1365 voix. La circonscription a cependant été modifiée l'an dernier, une partie de la circonscription de Mille-Îles venant maintenant s'y greffer. En transposant les résultats de l'élection de 2008 sur la nouvelle carte électorale de 2011, la majorité libérale s'y serait accrue de quelque 500 voix.

Candidats :

Alain Paquet (PLQ)
Léo Bureau-Blouin (PQ)
Maud Cohen (CAQ)
Sylvie Desrochers (Québec solidaire)
Lawrence Côté-Collins (Option nationale)

Pour me joindre :

sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca

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