Mis à jour le: 2 août 2012
07:14
Les étudiants décideront eux-mêmes de la stratégie qu'ils mettront de l'avant
au cours de la campagne électorale, ont indiqué jeudi leurs représentants, peu
après que leur ancien collègue Léo-Bureau-Blouin, aujourd'hui candidat du Parti
québécois, ait dit souhaiter une trêve électorale.
En marge d'une activité partisane en compagnie de la chef Pauline Marois, à
Laval, le jeune candidat vedette de Laval-des-Rapides a précisé qu'il ne
s'agissait pas de museler les étudiants, mais bien de ne pas donner de munitions
au gouvernement sortant.
« Je n'ai pas de mot d'ordre à donner aux étudiants, je ne ferai pas la
tournée pour dire aux gens quoi faire, mais [...] je pense que [la trêve]
devrait faire partie des discussions », a poursuivi l'ancien représentant de la
Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).
La chef péquiste a appuyé l'idée d'une trêve. « C'est souhaitable qu'il y en
ait une. Et moi, ce à quoi j'invite les étudiants et ceux qui marchent dans la
rue, c'est de marcher vers leur bureau de vote le jour du scrutin pour envoyer
un message clair à ce gouvernement », a-t-elle lancé. Elle avait plus tôt
présenté ses engagements en matière d'éducation.
La CLASSE invite Léo Bureau-Blouin à rester à l'écart des débats
Le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel-Nadeau Dubois, a invité son ancien allié à ne pas dicter la marche à suivre aux étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité.
« À la CLASSE, c'est très, très important que la stratégie soit déterminée par les étudiants et les étudiantes », a-t-il déclaré en entrevue au réseau RDI.
Cette discussion sur la pertinence des moyens de pression à adopter et leur nature, par exemple des lignes de piquetage devant les établissements collégiaux et universitaires, s'amorcera au cours des assemblées générales dès la semaine prochaine, a-t-il précisé. M. Nadeau-Dubois a en outre rappelé que la loi spéciale, qui mettait un terme aux sessions en plus d'encadrer les manifestations, avait du même coup empêché la tenue des assemblées étudiantes.
Un calendrier modifié par la loi spéciale)
En mai dernier, la loi 12 (qui était le projet de loi 78 avant son adoption) a suspendu la session, qui reprendra, dans la grande majorité des établissements, le 17 août pour se terminer au plus tard le 30 septembre. Le projet a en outre soustrait les établissements à l'obligation légale de dispenser une session de 82 jours. Ces dispositions ne touchent pas les cégeps et les universités qui avaient déjà complété leur session.
La loi interdit aussi les rassemblements entravant l'accès aux étudiants à leurs cours à l'intérieur d'un établissement d'enseignement, sur son terrain et dans un rayon de 50 mètres.
Moins incisives que la CLASSE, les présidentes de la FECQ et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont aussi spécifié que la stratégie à adopter allait faire l'objet de discussions au cours des prochains jours.
« On laisse aux étudiants le soin de prendre la décision qu'ils jugent la meilleure quant à la poursuite de la grève, quant à la poursuite de leur session », a indiqué la présidente de la FECQ, Éliane Roberge, jointe par téléphone. Les assemblées générales se dérouleront dans les établissements scolaires dans la semaine du 13 août, a-t-elle précisé, ajoutant que le congrès de la FECQ se tiendrait le week-end précédent.
Il y aura plusieurs facteurs à considérer, dont la loi 78, un calendrier scolaire condensé, le contexte d'une campagne électorale et l'« instrumentalisation du conflit » par le Parti libéral, a souligné Mme Roberge.
La FEUQ tient un discours similaire. « On laisse ça dans les mains des étudiants. [...] On peut leur faire confiance », a déclaré la présidente de la fédération. Elle a cependant souligné le contexte différent des universités, qui ne reprendront pas les cours avant le 27 août. La FEUQ regardera également comment la CLASSE et la FECQ voteront.
« Mais c'est sûr que la proposition [d'une trêve] doit être débattue », a-t-elle admis.
Les deux représentantes étudiantes ont reconnu les écueils que posaient la poursuite des moyens de pression. « Dans le cadre des élections [...], les dérapages [possibles] sont multiples et il faut s'assurer de les éviter », a reconnu Mme Desjardins.
« Lorsqu'on voit des manifestations qui dérapent, de la violence ou encore de l'intimidation, c'est clair que ça ne sert pas la cause, puisque le lendemain, ce dont on parle, c'est la violence ou les arrestations et non plus du sujet principal du conflit », a-t-elle souligné.
Le Parti libéral « a fait durer le conflit jusqu'aux élections pour justement pouvoir bâtir sa plateforme électorale sur la base de la loi et l'ordre, une situation qu'on trouve absolument aberrante », déplore de son côté la successeure de Léo Bureau-Blouin. « On ne peut pas nier - et en ce sens-là, on ne peut pas penser que M. Léo Bureau-Blouin avait tort - que le gouvernement libéral instrumentalise le conflit étudiant à des fins électorales », dit-elle.
Pour me joindre :
sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca

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